Daniel Apruz
Des rives du temps à la dérive des temps
J’ai commencé à rencontrer l’écriture de Daniel Apruz par son roman Les pendules de Malac. Ce fut une transformation chez moi, grand lecteur de poésie, ne lisant que très rarement des romans, les trouvant trop convenus par leur écriture et souvent cherchant à traiter des thèmes déjà tant rebattus. Le livre ne m’était pas tombé des mains mais, en plus, mon regard ne pouvait plus se décoller de cette écriture. Il y avait quelque chose de magique : « la folie du temps », les pendules ne voulaient plus donner l’heure de référence et surtout des personnages que nous aurions pu croire sortis d’un conte (il me reste encore en mémoire une femme qui cachait tous les vents de tempêtes et d’ouragans sous ses jupons, les filles qui s’envolent). La ville : Malac… Vous me direz : Malakoff… Oui, bien sûr, mais cela reste au niveau de l’anecdote. Malac n’est pas Malakoff, c’est une ville devenue imaginaire et en cela plus proche de nous. Comme le dit le narrateur ─ qui, surprenant, n’a pas de nom : je ne sais rien de Malac. Mais qu’en est-il de l’écriture de cette ville qui est le lieu mais aussi la matrice de tous ses personnages.
J’ai rencontré Daniel Apruz lors d’ateliers d’écriture organisés par le Groupe Français d’École Nouvelle dont j’étais un membre de la Commission Poésie Écriture d’Île-de-France. Il essayait de nous faire travailler à partir de propositions qui lui semblaient référentes à son écriture, telles : l’écriture carnavalesque, le plagiat, l’allégorie, collage/montage, etc.
Depuis, les rencontres se firent au rythme de salons du livre où nous nous trouvions assis à côté l’un de l’autre, près de Claude Pujade-Renaud et Daniel Zimmermann.
Créer Nous discutions pour combler le temps, les lecteurs de revues ne se pressaient pas près de nos stands…
Nous discutions d’écriture…
Nous discutions de moments difficiles dans la création…
Nous discutions de la vie des revues…
Nous discutions et… C’est ainsi qu’il me parla de La Baleine, son premier roman dont l’éditeur lui avait demandé de retravailler une partie, de ce qu’il avait ressenti à ce moment là (un certain mécontentement et une réelle incompréhension), de ce qu’il en pensait aujourd’hui (que ce travail en valait la peine).
Ou alors… Quand je suis en panne je prends la Bible et j’en lis un passage. Au bout d’un moment, je peux reprendre l’écriture.
Vous aurez peut-être remarqué que depuis un moment je ne parle que de factuel, vous n’aurez rien ou si peu appris sur l’écriture de Daniel Apruz. Vous avez lu du fait divers. Ce que Daniel Apruz parodiait dans ses romans de façon magistrale en écrivant des placards publicitaires, des articles de la rubrique des faits divers et autres textes de « communication ». Par exemple : À Malac en faisant des travaux à côté de la voie ferrée, on a trouvé un squelette d’enfant. On ne sait pas s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. On sait simplement qu’il s’agit d’un squelette d’enfant. Il est dans le sol depuis deux ans. On a fait passer une note dans les écoles pour demander aux enseignants de signaler une disparition éventuelle, soit une petite fille, soit un petit garçon. Jusqu’à maintenant on ne sait pas grand-chose sur ce squelette[1] ; ou encore : recette de la truite borgne[2].
Venons-en à cette écriture… Les mots qui me viennent spontanément sont : éclats, rushes, poésie… Prenons un extrait : C’est pas possible, il se disait Léonard, c’est pas possible. Il regardait les affiches qu’il venait de coller sur le mur, juste derrière chez Mélanie Granière. Et depuis un moment il lisait les mots. Et il venait de s’apercevoir que les mots restaient muets comme des cailloux noirs… Et un peu plus loin : C’étaient comme des oiseaux déplumés. Les mots maintenant ils ne voyageaient plus, ils étaient fatigués, éclopés, ils n’en pouvaient plus. Même les mots qu’il aimait bien. Pourtant autrefois les mots ils les avaient à peine collés qu’ils se mettaient à bondir, à sauter…[3]
Que remarquons-nous ?
Tout d’abord que Daniel Apruz ne s’accroche pas à un beau parler. Il sait se détourner de la syntaxe habituelle, normée, lui tordre le cou pour mieux nous ancrer dans la pensée du personnage, mais sans pour cela s’y perdre car la syntaxe est contournée plus que cassées. Disons qu’il considère les différents niveaux de langue, comme des matériaux ayant autant d’importance dans l’écriture. Il fait le choix d’une langue qui semble être celle utilisée par des personnes qui espèrent encore partager. Une langue parlée faite de phrases courtes, vives, joyeuses, débarrassées « de l’inutile hérité de générations de châtreurs de langue ; mais langue parlée, elle n’(est) jamais écrite en pauvreté, riche qu’elle (est) de toutes les découvertes qu’il (a) su faire dans les cours d’école, dans les rues et de toutes ses créations ».[4]
Ensuite, nous vient l’utilisation de métaphores. Daniel Apruz joue avec les mots à la manière des enfants qui essayent d’expliquer quelque chose pour laquelle ils ne possèdent pas de mots. Ils utilisent alors des images connues d’eux en les transposant. Ainsi des jeunes avec qui je travaillais avaient-ils écrit : « le violeur se fait buveur de règles ».[5]
C’est un des éléments qui introduit cet effet de poésie dans l’écriture de Daniel Apruz tel cet exemple pris parmi tant d’autres dans les romans : La rosée du matin pétille sur les pentes. C’est beau comme au début du monde. Tout paraît remis à neuf. Des plumes de lumière fraîche taquinent les paupières de Jérémie.[6]
Rush, éclat… lorsque nous lisons un roman de Daniel Apruz, nous suivons bien sûr les événements qui arrivent au personnage principal, mais la façon dont le roman est construit donne l’impression d’un montage cinématographique. Il n’y a pas de continuité linéaire, cela ressemble à un collage/montage. Des histoires dans l’histoire viennent interrompre la continuité ce qui, à la lecture, donne de la consistance à tous les personnages que rencontre ou pas le personnage principal. Il peut introduire une histoire par : Je me souviens très bien, dit Titi Pissou, de l’histoire de Djamila… et terminer l’histoire par : Et voilà pour Djamila.[7] Ensuite nous reprenons l’histoire où nous l’avions laissée. Les chapitres sont souvent très subdivisés. Il existe une scansion dans le roman chez Daniel Apruz, créé par des histoires de beaucoup de personnages dans l’histoire, par le chœur des braves gens, par des plagiats d’articles de faits divers ou de fausses recettes de cuisine, etc. C’est ce qui donne cette impression de multitudes d’éclats que le lecteur, lui, lit dans la continuité. Cette lecture se fait au rythme imprimé par la scansion.
Venons-en à ses personnages : Amélie la putain reine de cœur de la rue Basse qui rend les gens plus heureux ; Jérémie qui fond, perd du poids, sous les caresses et vit sur les toits ; Évangéline Borchin qui sous sa jupe qu’elle ne retire jamais, cache les vents du monde entier ; Léonard le balayeur qui danse quand il balaye et que tout le monde vient regarder ; Jérôme qui a un arbre qui pousse dans sa tête ; Elie Toubaron qui prévoie les événements puisque ses rêves deviennent réalité ; Titi Pissou qui n’en finit pas de vieillir ,dans jamais mourir, etc. Nous pourrions en citer plein d’autres tous plus étonnants les uns que les autres. Ils participent à l’effet prégnant d’être entre rêve et réalité, mais le rêve est éveillé et la réalité si présente dans la vie des personnages. Les personnages constituent des éléments de l’allégorie[8] qui se dessine devant nous. Chaque roman de Daniel Apruz serait donc une allégorie. De La Baleine au Coq, il nous entraîne dans l’humour et la poésie sur des sujets de société dans un cadre urbain de banlieue. Lui qui revendiquait l’allégorie comme problématique de son écriture, La Baleine[9] serait une allégorie de la peur (le cancer, l’argent, le béton, la sexualité, la violence, la folie) ; Banlieues Lointaines serait la mort (la fin d’un temps qui se termine en cul-de-sac, on fait les comptes de tout) ; Les Pendules de Malac serait le temps et son rapport au pouvoir (les pendules qui se détraquent sitôt réglées , un revenant qui se promène tout nu, l’usine qui fabrique les pendules en faillite) ; Méfiez-vous des arbres[10]serait la passion et la solitude ; Dix mille jours[11]serait la guerre, l’occupation, la métamorphose du monde ; Légende de la rue basse serait la solitude, le monde à part des créateurs (dans la société d’aujourd’hui qui détruit les rêves) ; L’An deux mil[12] serait la société libérale ; Le Coq[13]serait la société de consommation.
Allégorie, alors ? Daniel Apruz en parlait, s’y intéressait comme d’une mise en action de l’écriture. Mais, en relisant ce travail d’analyse m’est venue, de manière récurrente, le terme de parabole… Parabole[14], ce terme m’est venu à la lecture de L’An deux mil car il y a quelque chose de brechtien, une construction du texte qui fait penser à « La résistible ascension d’Arturo Ui » de Bertold Brecht, tout en étant dans deux mondes d’écriture différentes, alors nous penserons à Kafka… Mais, repensant à cette question « parabole ? » ou « allégorie ? », il m’apparaît qu’il n’y a pas de différence de signification entre les deux, plutôt une différence d’utilisation : historiquement, le terme de parabole est utilisé pour les textes saints[15]. Allégorie, donc.
En fait, nous aurons beau comprendre les mécanismes régissant cette magie entre réel et imaginaire, nous ne supprimerons pas le plaisir pris à la lecture des œuvres de Daniel Apruz. Nous sommes comme littéralement entraîné sur le vaisseau de l’écriture, sans se poser de questions, nous nous accrochons à ce que nous lisons.
Nous sommes dans une légende, une fable… Dans l’art des bouffons… Dans du texte rabelaisien…
Serions-nous en présence d’une écriture carnavalesque[16] selon les critères de Mikhaïl Bakhtine dans son Esthétique et théorie du roman.[17]L’écriture carnavalesque se caractérise par la métamorphose, le rapport temps-espace ce qui introduit la ville, une suspension de toutes « distinctions et barrières hiérarchiques parmi les hommes… et des prohibitions de la vie habituelle ». Cela implique des juxtapositions exagérés, le mélange grotesque et des confrontations entre deux mondes : le haut et le bas, le spirituel et le matériel, le jeune et le vieux, le mâle et le femelle, identité quotidienne et masque de fête, conventions sérieuses et leur parodie, temps sombres et visions utopiques joyeuses. Si nous reprenons les différents titres cités depuis le début, nous retrouvons bien tous ces thèmes. Le traitement des personnages, leurs aventures, leurs manières de se soustraire à ce qui les empêche d’être eux, sont aussi dans le carnavalesque. Reprenons un à un les termes de cette définition.
La métamorphose : Léonard… Le genre de type que personne ne remarquait habituellement. Mais dès qu’il empoignait son balai on ne voyait que lui. Il perdait alors son allure pesante et sa démarche maladroite. On aurait pu croire qu’il lui suffisait d’un coup de talon pour s’envoler dans le ciel.[18]Léonard ainsi devient célèbre parce qu’un jour, tout en nettoyant la place de la mairie, il se met àn danser (certains diront aussi bien qu’à l’Opéra). Lui que personne ne voyait devient le point de mire de la ville. Ou encore : Vida… La maladie de Vida ne s’arrangeait pas. Maintenant elle avait quatre seins dans le dos. Ça commençait par des petits boutons roses. En quelques jours ça devenait des seins gros comme des citrons ou des oranges… Et il y avait trois autres petits boutons roses dans son dos.[19] Ici, la métamorphose à travers « la maladie ». Autre métamorphose : Mireille et Mireille qui ne sont pas nées jumelles mais qui le sont devenues : Elles étaient devenues jumelles il y avait quelques années en couchant avec un étudiant australien. Elles ne savaient pas expliquer le phénomène. En tout cas le fait était là, elles étaient bel et bien devenues jumelles en sortant de son lit.[20] Voici trois exemples parmi tant d’autres de métamorphoses.
Temps-espace : Il est évident dans Les pendules de Malac puisque au-delà du lieu « la ville de Malac » et du déroulement de vies des personnages vient se juxtaposer la dérive du temps avec les pendules qui, les unes après les autres, se dérèglent sitôt que Nicolas (l’employé de mairie préposé à garder l’heure) les a mises à l’heure. Il est tout aussi évident dans Dix mille jours, le titre dit le temps et l’espace est Godeaux. Godeaux qui traverse les deux guerres, l’occupation, la libération, les transformations de l’après-guerre, l’apparition des grands ensembles d’habitation ; un monde qui se termine et un autre qui apparaît. Une danse entre le passé qui s’efface tout le temps et le futur ; un mouvement dans un monde que les personnages croyaient immuable. Le temps figé est servi par une métaphore étonnante qui raconte la mort de tous les horlogers chargés tous les vingt ans de réparer la grande pendule du marché qui était toujours en panne. Nous apprenons cela par l’histoire de l’horloger Éloi. On vient lui demander de remettre en marche la grande pendule. Il y travaillera toute une semaine sans réussir à la remettre en marche. Il ne reste plus qu’une toute petite pièce au centre à huiler. Enfin il arrive au centre. Il n’avait jamais été aussi loin. En fait de petite pièce il s’agissait d’une montre. Ce qu’on appelle un oignon. Il la ramasse et à ce moment il voit en bas des morceaux d’os, des têtes défoncées, des côtes cassées. Ila à peine le temps de se dire merde qu’est-ce que c’est ? que la pendule se remet en marche, et voilà les roues qui tournent, les engrenages qui s’enclenchent, les bielles qui s’agitent. Oh ! ça n’a pas un pli. Éloi n’a même pas crié… Et un peu plus loin : Il était midi et elle sonnait justement. On a pensé qu’il avait réussi à la réparer. Et tout de suite après de nouveau elle s’est bloquée. Et encore une fois on l’a oubliée.[21]
Mélange grotesque et confrontation de deux mondes : Dans les romans et nouvelles de Daniel Apruz, nous trouvons le monde « normal » et puis ceux qui se réfugient ou vivent dans les égouts (Dix mille jours), ceux qui se réfugient ou vivent sur les toits (Dix mille jours et Légende de la rue basse), ceux qui se déplacent (jusqu’à s’envoler) et ceux qui restent sur place (certains deviennent statue, d’autres arbre), les monstres (Madame Middelkerke qui a des seins énormes donnant du lait en permanence et qui partira avec un montreur de monstres de foire, une vieille dame qui en réalité était sorcière dans l’ancien temps. Une vraie fée avec une baguette surmontée d’une étoile brillante en or. Elle était près d’une source[22]) vivent au milieu des gens de tous les jours. Ils essayent de vivre leur rêve.
Il y a beaucoup de personnages féminins assez étonnants telle cette femme enceinte depuis plusieurs années qui au moment d’accoucher quitte la maternité préférant garder son enfant à l’abri de la société dans son ventre et qu’on entend parler à son fils, lui interdisant de sortir et lui racontant tout ce qui est à voir ; ou cette autre encore qui transforme ses amants en chat qu’elle fait piquer à chaque nouvel amant ; ou cette femme qui a refusé de devenir une femme et qui n’a pas connu d’amants, dont le sexe chante continuellement sa complainte entendue par tous, qui se mettra à rajeunir sur le tard en s’acceptant femme.
Mais vous avez peut-être remarqué que je vous parlais d’écriture carnavalesque et que je vous ai seulement présenté des personnages. Revenons donc à cette écriture… Prenons un exemple : Un jour, dit Titi Pissou, il y avait ici à Malac un type qui bricolait. Il démontait tout ce qui lui tombait sous la main. Avec des fourchettes il faisait des ouvre-boîtes avec les serrures il faisait des dessous-de-plat. Il arrêtait pas. Un jour ce type il a trouvé le moyen de démonter le temps. Il l’avait mis en petits morceaux sur la table. Personne sait comment il s’y était pris. En tout cas, il en avait fait des centaines de pièces éparpillées. Mais il ne savait pas le remonter le temps. Sa passion à lui c’était de bricoler. Mais le temps quand même…
…Lui, bien sûr, il promettait de le remonter rapidement. A-t-on idée de démonter le temps quand on est même pas foutu de le remonter ? Débrouille-toi, mais il nous faut le temps, et comme il était avant. Le type il y passait ses nuits à chercher une solution, et plus il bricolait plus il s’embrouillait. Mais à force d’ajuster les morceaux au petit bonheur, il a fini par fabriquer une mécanique qui fonctionnait. Ça avait une drôle d’allure, ça faisait un petit bruit… C’est comme ça qu’il a fabriqué une pendule. Les pendules c’est que du temps mal remonté. Il avait rangé le tout dans une boîte ronde en métal. C’est ça les pendules. C’est ce type qui a fondé l’usine. Après lui on a continué à le mettre en boîte le temps. C’est de »venu l’habitude.[23]
Cette écriture s’exprime dans une langue palée mais riche d’humour et de poésie entraînant dans un univers de conte, de fable ou encore de légende, où notre imaginaire se réjouit tout en touchant d’un peu plus près le réel. Il faut prendre le temps de lire les écrits de Daniel Apruz, nous en sortons plus riche et vif en notre regard sur la vie et les gens. Sa tendresse, pour les personnages qu’il met en scène, est remarquable et transparaît à la lecture. Après avoir refermé un livre, nous continuons à vivre avec les personnages qui nous sont tant devenus sympathiques, même les plus affreux, en ce qu’il fait transparaître de leur bonté ou méchanceté, de leur façon de s’évader ou de se perdre, de leur humanité, nous en devenons proche. Ils continuent à vivre en notre mémoire.
Il serait souhaitable que des romans comme La Baleine, Banlieues lointaines, Les pendules de Malac et certainement bien d’autres aujourd’hui soient réédités car épuisés. Voici dix ans que paraissait le roman L’An deux mil et le recueil de nouvelles Le Coq, à ma connaissance, nous ne les trouvons plus. Tous ces écrits n’ont rien perdu de leur pertinence dans leur questionnement sur l’être et sur la société et maintenant que les idées sur l’écriture carnavalesque se propagent, sont reprises au niveau universitaire dans le monde entier, il serait important que nous puissions avoir accès à tous ces romans.
Gilbert Desmée
[1] Faits divers 3, in Banlieues lointaines, Éditions Buchet/Chastel (1979), page 114.
[3] Les Pendules de Malac, Éditions Calmann-Lévy, 1982, pages 124 & 125. Grand Prix de l’Humour Noir de 1982.
[4] François Mathieu, Mort du romancier Daniel Apruz, L’Humanité du 22 octobre 1996.
[5] Vivre Guitare Tristesse, Éditions Palmer, 1981 : un recueil de poésie écrit par des adolescents de l’IME de Nanterre.
[6] Légendes de la rue basse, Éditions Manya, 1990, page 73.
[7] Les Pendules de Malac, pages 23 & 24. Notons que la formulation de fin d’histoire : Et voilà pour…ou encore je ne sais rien de Malac ou d’autres formules reviennent souvent dans les romans de Daniel Apruz, scandant un rythme.
[8] L’allégorie est une sorte de métaphore continuée, un discours qui se présente sous un sens propre et qui ne sert que de comparaison donnant ainsi intelligence d’un autre sens qui est exprimé.
[9] La Baleine, Éditions Buchet/Chastel , 1968.
[10] Méfiez-vous des arbres, Éditions Calmann-Lévy, 1983.
[11] Dix mille jours, Éditions Calmann-Lévy, 1986.
[12] L’An deux mil, Éditions Méréal, 1996.
[13] Le Coq, Préface de Jean-Claude Lebrun, Éditions Méréal, 1996.
[14] La parabole : c’est comparer mais aussi se porter ou se jeter de côté, ce qui entraîne une distanciation.
[15] Je ne rentrerai pas dans une querelle sémantique. Je sais que certains font une distinction entre parabole et allégorie, mais je leur laisse l’apanage de le faire, même si je trouve leur idée intéressante.
[16]
Le Carnaval ignore toute distribution entre auteur et spectateur et est ainsi que l’écrit Julia Kristeva (la première à avoir parlé des écrits de Mikhaïl Bakhtine) : un théâtre sans scène, donc sans reproche et sans représentation, car chacun y est son auteur et son acteur, son même et son autre.
[17] Mikhaïl Bakhtine, Esthétique et théorie du roman, Éditions Gallimard, 1978. Bakhtine décrit le carnavalesque en tant qu’inversion des thèmes standards de maquillage social qui subissent une mutation.
[18] Dix mille jours, page 8.
[19] Les pendules de Malac, page 240.
[20] Banlieues lointaines, page 110.
[21] Dix mille jours, pages 133 à 135.
[22] Banlieues lointaines, page 165.
[23] Les pendules de Malac, page 67.